L' ALLOCUTION FONDATRICE
Le 14 juillet 1919, un immense catafalque entouré de drapeaux tricolores, se dresse dans l'église de Vignory. L'abbé Eugène Humblot, curé du village depuis le mois d' avril prononce à cette occasion un discours qui sera le point de départ de la construction du Monument aux Morts :
" Dés les premiers jours de mon arrivée au milieu de vous, j' ai formé un projet qui me tient beaucoup au coeur et qui ne fait que s' enraciner avec les semaines. J' attendais une occasion favorable pour vous en parler publiquement.
Cette occasion se présente avec une saisissante opportunité. Je me reprocherais de la laisser s' échapper, d' abord parce qu' elle est trop bien adaptée à mon projet; ensuite parce qu' elle offre une coïncidence tout à fait exceptionnelle et unique.
Nous allons célébrer la grande fête de la Victoire. Cette fête vient à propos glorifier nos morts héroïques qui sont, avec Dieu, les principaux ouvriers de notre triomphe. A eux le première place, la place d' honneur. Cette fête vient les grouper aux yeux du monde entier, dans un cadre magnifique, digne de leur vaillance et de leurs sacrifices. Le premier devoir de tout bon citoyen, à l' heure actuelle, n' est ce pas la reconnaissance envers ceux qui sont morts pour nous?
Aussi je viens vous proposer de dédier à nos glorieux morts de Vignory un monument commémoratif qui perpétuera leur mémoire dans les générations futures. Je voudrais voir s' élever ce monument funèbre au milieu de nous et consacrer par des inscriptions indélébiles sur la pierre ou le marbre les sentiments de reconnaissance et d' affection que nous leur devons à tous.
Si je fais appel à votre charité et à votre esprit patriotique, ce n' est pas seulement pour suivre l' exemple de nombreuses paroisses qui ont déjà rendu cet hommage public et solennel à la mémoire de leurs morts; nous nous élevons plus haut, nous savons comprendre que nos héros de la guerre ne sont plus seulement des membres isolés de leur famille respective, mais qu' ils sont devenus les membres de nos membres et que nos familles doivent s' élargir pour les admettre dans leurs foyers; car ils sont la rançon glorieuse de Vignory, l' honneur de la paroisse entière. La mort qui les a unis et confondus dans une même fraternité d' armes exige que nous les rapprochions et que nous les mêlions dans une même communauté d' affection, de souvenirs et d' hommages dans leur pays natal.
En effet, quelle a été la dernière pensée de nos soldats allant à la mort? Elle a été pour le coin unique où ils étaient nés, où ils avaient grandi, où ils avaient aimé; leur dernière pensée a été pour leur clocher, leur vieille église où ils ont été baptisé, où ils ont fait leur première communion. Ils sont tombés pour leur pays natal; ils ont écrit en lettres de sang leur amour pour leur pays natal. C'est donc ici que leur mémoire doit être honorée et que leur souvenir doit être conservé.
Quans vos petits enfants s' arrêteront avec vous en vous demandant " Pourquoi ce monument funèbre, pourquoi cette longue liste de noms?" vous pourrez leur répondre : Ici repose - à défaut de leurs ossements - le souvenir de vos pères de vos frères, de nos morts de la Grande Guerre. C' est le trait d' union qui les rattache à tous les survivants de la paroisse et qui immortalise parmi nous leur glorieuse mémoire. J' espère que la paroisse entière voudra s' honorer en s' associant à cet hommage public que nous rendrons à tous nos héros tombés au champ d' honneur "
Source : Eugène Humblot : " Livre d' or des Mobilisés de Vignory "
LA CONSTRUCTION DU MONUMENT AUX MORTS
Le 28 Aout 1919 une subvention de 2200 francs est votée au Conseil Municipal pour l' érection d' un monument en l' honneur et à la mémoire des enfants de la commune Morts pour la France pendant la guerre 1914 -1918
Un comité est crée pour sa construction. Il est présidé par Eugène Dumontier, le percepteur de la commune et composé de : Charles Piot, Esteve Ladrange, Fernand Vaudremont, Eugène Humblot, le notaire Kauffman, l' agent voyer Rémy, l' huissier Auproux, Emmanuel Frotté, Henri Kron le directeur de la fromagerie, Abel Thaboureux et Gustave Piot le maréchal ferrand.
Le 11 mars 1920 l'emplacement ou sera érigé le monument est décidé
Le 29 avril 1920 une lettre anonyme communiquée par le Préfet est lue : Prière d' appeler le Conseil Municipal à délibérer sur la réclamation visée par cette lettre au sujet de l' emplacement du monument à ériger à la mémoire des enfants du pays Morts pour la France. Le Conseil décide qu' il n y a pas lieu de tenir compte de cette lettre en raison de son anonymat et que de plus le shéma du monument qui en fait l' objet n' a pas encore reçu de solution. Le conseil maintien l' emplacement choisi.
Le 10 septembre 1920 Communication d' un devis de l' architecte Raullet de Langres, 5569 francs, non compris 151 francs d' honoraire d' architecte. Le shéma du monument y est joint.
Second devis de Mr Gillet de Vignory : 1500 francs pour travaux de cloture et aménagement autour du monument.
Les devis sont approuvés par 7 voix contre 1
Le devis total s' élève à 7220 francs, le conseil ouvre un crédit de 5020 francs, un crédit de 2200 francs ayant déjà été voté.
A noter que dans ce crédit, figure une souscription de 2000 francs des habitants du village
Le 14 janvier 1921 le dossier du monument n' avance pas, le Maire invite à s' adresser au Préfet pour obtenir satisfaction.
Le 18 septembre 1921 le monument est inauguré, inauguration suivie d' un banquet et d' un vin d' honneur
Source : Registre des délibérations du Conseil Municipal de Vignory.
LES MORTS POUR LA FRANCE
" Comme il y en a qui sont tombés! Et pour un de ceux-là pas un ne reviendra! Il y avait des gens qui les aimaient et qui croyaient les revoir un jour. Fini! Ils ne reviendront plus jamais! Plus jamais! Une boîte close, un peu de terre. Et la pluie tombera. Le soleil. La neige. Les brouillards: les saisons reprendront leur cours impassible. Il n' y aura plus qu' une petite croix de bois, un souvenir au coeur des camarades et des parents; des larmes brûleront des yeux. Et puis lentement, insensiblement, leur image s' effacera dans les coeurs qui l' auront gardée. La mort deviendra tristesse paisible. Et quand ces coeurs auront vieilli et quand à leur tour ils cesseront de battre, ce sera fini, fini, fini. "
Maurice Genevoix : carnets inédits publiés dans " Une jeunesse éclatée, de la Vaux-Marie aux Eparges " Ed. du Mémorial 1980
Ceux qui figurent sur le Monument aux Morts: cliquez sur le nom pour visualiser la fiche Mémoire des Hommes
- ARMAND Gabriel Louis
- BAILLOT Georges Gaston
- BARRIER Adrien Louis
- BENARD Georges Gustave
- BERTRAND Emile Anselme
- BOUDELOT Raymond Julien
- BRUCHON Jean-Marie
- DROUIN Marcel Camille
- EUVRARD Eugene Henri
- FORGEOT René Marie
- GAMET Alfred Marius
- GANSTER Louis Léon
- GEOFFROY André Gustave
- GEOFFROY Louis Henri
- GRELOT Henri Albert
- JULIEN Albert
- LAIGLE Albert Lucien
- MAGRIN Joseph
- MARNIERES Antoine
- MENISSIER Jules Auguste
- MOJARD Albert Jean
- PASQUIER Hippolyte Edmond
- RAGOT Jean-Baptiste
- RENARD Jean-Baptiste
- ROLLAND Auguste
- SIMON André Louis
- THERIAT André Gaston
Ceux qui pourraient y être inscrits
Celui qui doit y être inscrit:
Source : mémoiredeshommes.sga.defense.gouv
CARTE DES LIEUX DE DECES DES MPLF
Pour accéder à la carte des lieux de décès, cliquez ici
Cliquez ensuite sur les départements concernés pour le nom des hommes qui y sont tombés ainsi que leur date de décès


